Open space impersonnel, hiérarchie absurde, langage corporate creux : voilà le décor dans lequel évolue Corporate. La série s’installe au sein d’une multinationale fictive et adopte un ton noir, presque désespéré, pour raconter le quotidien de deux jeunes employés broyés par la machine de l’entreprise. Rien n’est épargné, ni les réunions interminables, ni les discours managériaux, ni la solitude qui peut naître d’un travail de bureau vidé de sens.
De quoi parle Corporate ?
Matt Engelbertson et Jake Levinson, deux cadres moyens interprétés par Matt Ingebretson et Jake Weisman, tentent de survivre dans une entreprise où l’absurde fait loi. Autour d’eux gravitent des figures marquantes : John Strickland, collègue lunaire joué par Adam Lustick, Kate Glass incarnée par Anne Dudek, Grace Ramaswamy interprétée par Aparna Nancherla, et Christian DeVille, patron glaçant campé par Lance Reddick. Chaque épisode de Corporate détourne un aspect banal de la vie de bureau pour en révéler la part la plus sombre, sans jamais perdre son humour caustique.
Une comédie qui ne ressemble à aucune autre
Là où d’autres séries sur l’entreprise misent sur la chaleur humaine ou la maladresse attachante, Corporate choisit la dérision froide. Le format court, une trentaine de minutes par épisode, permet d’enchaîner les situations avec un rythme sec, presque clinique. La série s’amuse des codes du management moderne, des open spaces aseptisés aux séminaires de motivation, pour en tirer une satire sociale qui parle autant du monde du travail que de l’aliénation qu’il peut produire.
Trois saisons pour une satire complète
Lancée en 2018, Corporate compte trois saisons diffusées jusqu’en 2020. La série a construit sa réputation sur cette capacité à mêler comédie noire et critique sociale, portée par un casting qui installe des personnages aussi ridicules qu’attachants dans leur désillusion collective.